Et un homme parlait à sa main parmi la foule.

Au début, il n’était question que de courses.

Un rituel de nos sociétés de consommation : l’ivresse d’avoir quelques billets en poche ou un bout de plastique pucé à faire cramer en ce samedi ensoleillé , un panier,.. les armes du pouvoir en somme – le pouvoir d’achat qui nous est si cher. Le cortex est déjà excité par la perspective d’une nième acquisition. Je sais que cette sensation va disparaitre dès que l’objet du désir sera acquis… mais des années de conditionnement ne sauraient s’effacer devant un peu de bon sens. Il me faut ma dose. La tableau de ce week end ne saurait être parfait sans avoir été alléger du coût de ma frustration.

Nous voilà donc partis – en famille tant qu’à faire dans le cliché bobo. Lunette de soleil, casquette, bermuda, tongs. Le centre ville piéton est à nous.

Et comme prévu, passée l’euphorie – saucissons aux châtaignes / confiture d’oignons / un mug typique et un chapeau de paille pour finir le clicher – le vide.

Le vide sidéral. Comme déconnecté de l’ébullition ambiante. Un vide tellement pesant que je suis contraint de me pauser sur un banc, les yeux dans les vagues creusées par le sillage mécanique de la marine marchande.

Alors que je commençais à culpabiliser de cette retraite du vivant – je l’aperçu. Sa tenue était déjà détonnante. Orientale. Atypique.

Noyé dans la marrée humaine, il se parlait à lui même pour reprendre pied. Mêlant le geste aux paroles, sa main lui faisait aussi miroir pour rendre encore plus crédible sa conversation salvatrice. Il dégageait une telle puissance comme armé de conviction – de la sagesse de ceux qui savent. Fort d’une vérité qui lui était propre et inviolable dans le monde qu’il s’est forgé.

J’aurai tellement aimé avoir eu le courage de l’écouter et de le comprendre.
Rentrer un peu dans son monde et percevoir les limites imposées dans le mien.

Il se parlait à lui même…

Deuxième Portrait, avec de la couleur

Deuxieme essai à partir d’une photo. Réalisé il y a un an.

portrait

Ma Marianne de la Révolution Bellovaci

Marianne Bellovaci

Tout a commencé par une envie de mouvement. J’avais fait l’expérience de peindre par défaut de place sur le dos d’une toile cartonnée. La peinture posée au couteau glissait par à-coups, créant ainsi des taches de plus en plus élancées – créant ainsi une sensation de mouvement.

Sur un fond marron, ces taches pouvaient aussi créer ces illusions du désert, couleurs flottantes dans un voile d’azur altéré par les ondes de chaleur produites lors d’un soleil de plomb.

Je voulais exploiter ce rendu pour créer un personnage de blanc voilé dans un désert et dont les contours seraient fluides, à la limite vaporeux.

Je me lançais dans cette entreprise en prenant à témoin une de mes nièces dont la patience fut mise à l’épreuve. Mon intention première fut assez vite suplantée par la démarche de création. Car, c’est bien là que se situe l’intéret : ce n’est pas le résultat qui compte mais bien la capacité à s’adapter aux limites de sa technique et à composer avec le potentiel qu’offre chaque erreur, chaque imprévu pendant le processus de création. La création se veut résiliante.. avec en moteur principal l’émotion.

J’aurai pu très vite abandonné vu l’inefficacité de mes premiers gestes. Mais j’étais observé.
La cause était perdue pourtant. Le personnage dans le désert était mal fait et insignifiant. Les couches s’ajoutaient les unes sur les autres sans résultat. Mon observatrice a finalement abandonné devant mes errements.

A cet instant, j’ai laché prise.

Ce n’était plus le but qui guidait mes gestes mais mon ressenti devant le rendu de chacun de mes gestes qui me guidait vers un but.

Un but du coup inattendu mais vrai car fruit d’un cheminement personnel.
C’est ainsi qu’est née ma Marianne. Un personnage fantomatique effrayée par la terreur et le sang versé à la cause. Dans l’ombre de laquelle apparait celle qui saura nous réconcilier vers un destin national.

J’aime observer ce tableau. C’est à titre personnel une de mes oeuvres finalement les plus abouties à ce jour.

Peinture: cueillette de lavande au petit matin

5h à l’assaut de la lavande sauvage
La cueillette de lavande sauvage

5h du matin, en Drôme. Profiter encore des quelques instants de fraîcheur pour se lancer dans une matinée de labeur. La lavande sauvage est là, à maturation pour la cueillette. Nectar indispensable à la confection d’huiles essentielles, de baumes ou d’eaux parfumées.

Armé de sa faucille, et drapé de blanc pour récolter l’indispensable, Fred arpente les derniers mètre de terres arides. Il doit faire vite : le soleil de plomb va bientôt coller les hommes et les bêtes dans l’effort de chaque mouvement.

Auto Portrait

Franck Maury – auto portrait

Une tentative mono chrome.

Un instant de doute figé. Observation avant action ou retraite. Il s’est écoulé quelques années depuis…

Reste à savoir si j’ai finalement eu raison d’agir.. et surtout de m’écouter.